As-tu déjà eu l’impression de devoir recommencer?
Comme si tous les efforts investis jusqu’à maintenant ne comptaient plus.
Comme si tu retournais à la case départ.
Que ce soit une transition professionnelle, une séparation, un projet qu’il faut repenser ou un rêve qui prend une autre direction, certaines périodes de la vie ont cette étrange capacité de nous donner l’impression que tout est à recommencer.
On regarde le chemin qu’il reste à parcourir et on se demande comment on a bien pu se retrouver ici. Encore.
C’est une sensation que je connais bien.
Et chaque fois qu’elle se présente, elle s’accompagne souvent de la même question : est-ce que tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant a servi à quelque chose?
On ne repart jamais de zéro
Avec le temps, j’ai compris que cette impression était trompeuse.
Parce qu’en réalité, on ne repart jamais de zéro.
On repart avec ce qu’on a appris.
On repart avec les compétences qu’on a développées, les expériences qu’on a accumulées et tout ce qu’on a construit jusqu’ici.
Bien sûr, ça ne rend pas les recommencements faciles.
Ils restent inconfortables.
Ils nous obligent à naviguer dans l’incertitude. À accepter que certaines choses ne se déroulent pas comme prévu. À faire confiance au prochain pas sans toujours voir le chemin au complet.
Mais recommencer n’est pas la même chose qu’échouer.
Quand un livre semble bloqué
Je pense que c’est vrai aussi lorsqu’on écrit un livre.
Parfois, il arrive un moment où notre projet ne fonctionne plus comme avant.
On tourne en rond.
On doute.
On ne sait plus très bien où l’on s’en va.
Et tranquillement, une idée commence à s’installer :
Et si je devais tout recommencer?
Pourtant, recommencer n’est pas toujours la solution.
Souvent, le problème n’est pas le livre.
Le problème, c’est qu’on a perdu quelque chose en chemin.
Une direction.
Une intention.
Une raison d’écrire cette histoire.
Bref, le fil conducteur.
Et retrouver son fil conducteur, ce n’est pas repartir à zéro.
C’est revenir à ce qui nous a donné envie de commencer.
Je pense qu’on sous-estime souvent le courage que ça demande.
Continuer dans quelque chose qui ne nous convient plus peut sembler plus simple. Plus prévisible. Plus rassurant.
Choisir de recommencer, au contraire, demande une certaine dose de confiance.
La confiance que ce qui nous attend mérite d’être exploré.
La confiance que ce que nous avons vécu jusqu’ici n’est pas perdu.
La confiance que même si le paysage a changé, nous ne sommes plus la même personne que lors du premier départ.
Et c’est peut-être ça qu’on oublie lorsque la vie nous donne l’impression de revenir à la case départ.
La case est peut-être la même.
Mais nous, nous ne le sommes plus.